Jean-Louis Estrade a mentionné aujourd’hui la publication d’une analyse de la revue Minerva sur l’efficacité des traitements dans le cadre d’une sciatique.
Dans cette même revue, vous trouverez un éditorial intéressant sur la fiabilité des recommandations de pratique clinique.

Cet éditorial met en avant :
– Un problème méthodologique. Par exemple, pour les 357 recommandations fortes réalisées par la Société Américaine d’Endocrinologie, "59% étaient basées sur un niveau de preuve faible à très faible ; un peu plus d’1/4 de celles-ci ne comportaient aucune justification"
– Des conflits d’intérêts déclarés mais sans règle à ce niveau. Une proposition de l’American College of Chest Physicians semble intéressante.

Le British Medical Journal a publié une "liste de 8 « reds flags » devant susciter le scepticisme des lecteurs d’un GPC (ou d’une revue médicale) :
– le sponsor est une société professionnelle qui reçoit un financement important de l’industrie
– le sponsor est une compagnie propriétaire, ou non déclarée, ou masquée
– le(s) président(s) du comité a (ont) un conflit financier (personne ayant une relation financière avec une compagnie propriétaire dans les soins de santé et/ou dont la pratique/spécialité clinique a recours à des tests ou interventions concernés par le GPC
– plusieurs membres du panel ont un conflit financier (voir ci-dessus)
– toute suspicion « d’empilement » du comité permettant de pré-décréter une recommandation concernant un sujet controversé (voir ci-dessous)
– absence ou implication faible d’un expert en méthodologie pour l’évaluation des preuves
– absence de revue externe
– absence d’inclusion d’experts non-médecins, de représentants des patients, de stakeholders de la communauté."

A noter, l’existence d’une grille de lecture et d’évaluation des recommandations de pratique clinique, la grille AGREE.

Hervé Maisonneuve sur son blog donne aussi quelques éléments de réflexion à ce sujet : ici et ici ou encore .

Référence